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Qu’est ce que l’Hypnose médicale?

L'hypnose est médicale parce qu'elle soigne. Sa pratique est d'ailleurs reconnue par les milieux scientifques dans plusieurs pays, en plus d'être enseignée dans de grandes universités de par le monde. L'hypnose médicale est considérée comme une possibilité d'aide parmi d'autres formes de pratiques scientifiques ou cliniques validées.

Le champ d’intervention de l’hypnose médicale est assez large et comprend :
  • Les addictions : tabagisme, alcoolisme, trouble du comportement alimentaire, etc.
  • Les douleurs aiguës, chroniques, les dépressions, les phobies, les troubles de la sexualité, les troubles psycho-somatiques, etc.
  • Le contrôle des émotions : trac, prise de parole en public, confiance en soi, etc.
  • L’accompagnement des patients cancéreux, en soins palliatifs et en victimologie.

L'hypnose est également recommandée dans les indications thérapeutiques suivantes :
  • En Anesthésie : l’hypno-sédation est une technique anesthésique reconnue, introduite depuis 1992, d’abord en chirurgie plastique, puis dans les autres secteurs chirurgicaux.
  • En Dermatologie : pour faciliter les gestes douloureux, dermatites atopiques, psoriasis, verrues et dermatoses à composante psychosomatique.
  • En Gastro–entérologie : pour prendre en charge les troubles fonctionnels digestifs; etc.
  • En ORL : pour le traitement des acouphènes et des vertiges.
  • En Neurologie & Psychiatrie : l’hypnose médicale est indiquée pour la prise en charge des douleurs aiguës ou chroniques, la migraine, l’insomnie, le stress ou l’anxiété ; etc.
  • En Obstétrique : pour atténuer les douleurs de l’accouchement.
  • En Pneumologie : l’hypnose médicale peut participer à la prise en charge de l’asthme.

Au Maroc, à ce jour , l’hypnose médicale est enseignée uniquement par l’AMHYC qui fait intervenir des formateurs universitaires de différentes facultés de médecine francophones . Une centaine de médecins et quelques psychologues et infirmiers sont formés .

L’hypnose devrait faire son entrée en milieu hospitalier sous l’impulsion des premiers chefs de services sensibilisés à son intérêt .

Interview: Jean Becchio

Jean Becchio Le Dr Jean Becchio est le Président fondateur de l’Association Française d’Hypnose médicale (1994). Grande Médaille d’Or de la Société « Arts Sciences Lettres » en 2000, il a publié plusieurs ouvrages dont Nouvelle Hypnose Ed. Desclée de Brouver (en col. C. Joussellin - 1994), Hypnose Psychodynamique Ed. Desclée de Brouver (en col. C. Joussellin - 2002).

  • Peut-on considérer l’hypnose médicale comme une discipline médicale à part entière aujourd’hui ?

    Non, c’est un outil thérapeutique qui peut être utilisé par certains spécialistes tel que les anesthésistes ou les psychiatres pour diminuer les doses de médicaments ou soulager certaines douleurs.

  • Dans quels cas l’hypnose médicale est-elle le plus indiquée ?

    Cela dépend de l’expertise du thérapeute. Je vous donne un exemple. Au lieu de prescrire un anxiolytique à un jeune qui est stressé et qui doit passer un examen, le thérapeute peut lui faire une séance d’hypnose. Le thérapeute évalue les bénéfices et les risques parmi toutes les thérapeutiques. Mais en général, disons que parmi les grandes indications de l’hypnose médicale, on retrouve les troubles fonctionnels, les troubles de comportements (addictions en tous genres) et les troubles anxieux.

  • Dans un pays en voie de développement comme le Maroc, l’hypnose médicale ne risque-t-elle pas d’être considérée comme un luxe ?

    Non, j’enseigne l’hypnose médicale en Russie depuis plus de 25 ans du temps Brejnévien, à l’époque où le pays était moins développé que le Maroc. L’hypnose médicale est une technique à apprendre. En France, elle est utilisée à l’hôpital et elle ne coûte pas cher. Evidemment quand l’offre n’est pas importante, le prix de la séance augmente. Il faut donc au développer cette pratique.

  • L’hypnose médicale s’intéresse beaucoup à la relation au patient, à l’écoute, au choix des mots, à la communication. Cela ne doit-il pas faire partie de la formation de base des médecins?

    Bien sur. C’est une affaire de bon sens. Avant mon initiation à l’hypnose, j’utilisais un langage qui pouvait faire du mal aux patients. Aujourd’hui, je suis plus sensible aux techniques de communication, aux émotions et à l’état général du patient.

  • Durant votre longue carrière, vous rappelez-vous d’épisodes ou de cas ou le recours à l’hypnose médicale a été d’un grand apport aux patients que vous avez traités ?

    Oui bien sur. Je pourrais vous citer 1001 histoires, surtout en soins palliatifs où la douleur est très intense. L’hypnose réinstalle rapidement le confort. Evidemment, cela ne rallonge pas la durée de vie mais ça la facilite. Je me rapelle par exemple du cas d’un patient en fin de vie et qui avait repris la peinture durant les 15 derniers jours de sa vie.